Monthaut copie

 

Méat Mea culpa, mea maxima culpa ; je reconnais ma faute, nonobstant il m’en reste sans doute quelques autres à commettre avant de disparaître…

Seul responsable si le chemin tracé ne fut pas respecté, le cornac doit assumer. J’assume !

Pourtant, par quelque alchimie maligne, de ce qui devait être une catastrophe naquit un superbe succès ! Non ? Une réussite alors…

Pas une défaite  en tout cas… Car, comme du chaos survint l’univers, de l’huitre gibbeuse surgit la perle, ce qui semblait gâché fut transformé par le caractère enjoué des bartassaïres…

Bartassaïres ils le furent bien plus que de coutumes…

Tout avait commencé sous les meilleurs auspices.
Contraint par le climat de repousser cette sortie, il voulut bien être des nôtres ce dimanche. Ciel d’azur, participation notable (presque 10), tout était en place pour une belle journée.

Départ près de la source de la Buèges, zone connue ; nous sommes déjà venu user nos semelles en ces lieux.

La première partie est un enchantement ; le sentier (nous n’aurons à suivre que des sentiers, pas de route ni même de piste, voire pas de sentier…) grimpe en sinuant autour des cades, yeuses, arbousiers ou autres genêts. Le village de Pégairolles de Buèges, perché sur sa colline au cœur de la vallée, nous sert d’amer sur la droite. Aucun souci jusqu’à parvenir au Roc des Aucelous ou nous faisons la pause déjeuner.

Les sacs à peine posés, premier écueil ; un bidon thermo profite de quelques doigts hésitants pour fuir se faufiler au creux d’une crevasse séparant un futur écroulement de falaise  du reste de ses copines.
Les tentatives épiques de récupération se solderont par un échec, le bidon s’engageant encore plus profondément dans la fissure, et la perte d’un bâton de marche.

Mais la joie demeure, c’est reparti pour affronter « les crêtes du Monthaut ».

Sauf que les crêtes on les a ratées, la faute à un marquage avenant que j’ai cru bon de suivre…
Il ne conduisait nulle part ; sinon dans des bartas que nous nous sommes évertués à franchir pendant 1.30 heures, espérant toujours rejoindre le beau chemin si évident sur la carte.
Demi-tour !
0.30 heure pour retrouver le carrefour malfaisant, soit 2.00 heures consommées dans les buis endurcis, les ronces épineuses à souhait, les traitres pruneliers aux éperons renforcés dans le seul but de nous arracher un peu de toile, ou pire…
Personne en short malgré le beau temps, c’est heureux.

Là, LA question métaphysique est posée :
- On rentre par le chemin d’aller ou bien on se mange les crêtes ?

Très démocratiquement les crêtes ont gagné.

Tu as bien fait de t’abstenir Babeth, ta sujétion à l’acrophobie t’aurait terrassé net, il eut alors fallu te récupérer quelques 10aines de mètres au-dessous, tes restes laminés par les dards de ces monstres végétaux assoiffés de sang humain.

Jusqu’ici tout va bien.

L’extrémité sud-est du Mont haut est une falaise. Le rocher du pioch haut.

C’est haut les falaises… Personne n’a flanché lors de la descente en escalier dont chaque marche frôle le mètre…
Mais le temps a passé alors qu’approche le solstice d’hiver…
Traduction : la nuit va tomber ! On se dépêche…

Passée la falaise, il était prévu de ne pas suivre la trace initiale mais de couper par un beau chemin descendant tranquillement à flanc de côte.

Un beau chemin sur la carte, certes ; mais une affreuse sente, à peine une empreinte sur le terrain réel.
Et ça glisse,
Et y a des racines,
Et y a des énormes rochers glissants à franchir,
Et le crépuscule bouscule la lumière du jour,
Et ça n’en finit pas tant nous nous déplaçons à petits pas tâtonnants…

Personnellement je me morigénais sans cesses pour avoir conduit mes amis sous de telles frondaisons  profondes et casse-gueule. Voyant mes camarades, celles dont les jambes sont moins longues, s’épuiser, chuter, se relever, re-glisser… Je me suis maudit intérieurement. Il s’en fallut de peu pour le dire tout haut.

Vous savez quoi ? Mes camarades, qu’ils aient les jambes longues ou courtes, riaient, plaisantaient s’entre-aidaient… On n’y voyait goutte mais je ressentais leur plaisir d’être ensemble.

Pas en seul reproche, au contraire, des remerciements pour cette rando plutôt hors du commun.

C’est vers vous que vont les miens.

Très sincèrement vôtre.