Bartassages des bartassaïres

dimanche 31 juillet 2016

Mercantour

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Nulle part n’est inscrit que les bartassaïres aient l’obligation de prouver leur vaillance en bravant les cols montagnards, voire les sommets pour les plus décidés.
Non, nulle part ! Et pourtant…

Voilà pourtant dix ans que chaque été nous arpentons les ubacs et adrets de hauts massifs, le plus souvent alpins.
Affaire d’intervalles, c’est donc la 11ème fois, hors raquettes, qu’on se retrouve au fond d’une vallée d’altitude, prêts à affronter le menu du séjour estival.
Les Ecrins, le Briançonnais, le Queyras, le Valbonnais, le Vercors, avaient jusqu’alors endurés nos semelles en été. Le Mercantour ; tout au sud-est de l’hexagone, n’avait pas l’heur de les connaître, c’est maintenant chose faite pour onze d’entre nous, soit plus du 1/3 de nos membres.
Belle représentation pour un petit club tel que le nôtre.

Arrivés très tôt au hameau de Castérino, au fond du vallon éponyme que nous suivrons vers l’amont jusqu’au refuge de Valmasque 700 m plus haut. Mise en jambes suivant une piste remarquablement bâtie semblant ne conduire vers rien. L’histoire nous dit que cette zone, quoique donnée à la France en remerciement de son aide lors de l’unification de l’Italie, fut négociée par le roi de ce pays comme réserve royale de chasse ; prétexte à une occupation militaire et à la réalisation d’infrastructures de défense desservies par un dense réseau de chemins carrossables que l’on retrouvera tout au long des 4 jours, y compris dans les zones les plus reculées.

Valmasque, son refuge, son bar, ses 2 dortoirs de 27 lits, sa douche et son lavabo « toniques » où seul le bouton d’eau froide contribue au débarbouillage… On a connu moins rustique mais l’essentiel est là, il y a de la bière ...
Le soir tombé les chamois font le siège du petit barrage EDF érigé au pied du refuge pour en lécher l’enduit frais…
Qu’il y a-t-il dans le ciment qui les attire ?

Le lendemain mardi, direction le refuge des Merveilles.
D’abord longer 3 lacs, dont le vert et le noir pourtant de la même couleur, pour atteindre la baisse (col) de Valmasque d’où le panorama vers les 2 vallées opposées vaut le coup d‘œil. C’est là que seuls les 2 plus vaillants nous quittèrent pour vaincre le sommet de la montagne vénérée du coin, le Mont Bégo. Gloire à eux.
Nous autres, pauvres biffins, descendons vers la vallée des merveilles (autrefois Val d’Enfer) « touristiquement» nommée telle, pour rappeler la présence de nombreuses (40 000) gravures rupestres, datant pour certaines de plus de 5000 ans, presque certainement des ex-voto ou des suppliques à l’attention des divinités sensées résider sur le Bégo. Depuis que les hommes sont  Homme, le besoin de croire en des forces supérieures qui régiraient leur destin les titille.

Poussés par l’orage de grêle, nos deux groupes parviendront quasi simultanément à ce grand refuge confortablement installé en fond de vallée glacière.
Y a de la bière.

A. e D., nos organisateurs, avaient identifié la possibilité de visite guidée du site des gravures, zone protégée, interdite d’accès (hors trace du GR 52) pour éviter les dégradations, les graffitis, les tags et autre « Suzanne et Jacquot pour la vie »…
Merci à eux, merci à Gilbert notre guide  qui a su, pendant 3 heures, nous intéresser aux fresques, certes, mais aussi à la géologie comme à la petite histoire locale, par des anecdotes ou des saynètes participatives. Une agréable matinée haut perchée et culturelle.
Puis ce fut le retour vers Castérino, via le lac des Mesches, au creux du superbe vallon de la Miniere, vallée rappelant par sa configuration celle de la Clarée dans sa partie la plus amont.
Les 3 derniers kilomètres, ascendants, au fond de la vallée du torrent de Bieugne passés sous l’orage de grêle ont été réalisés en un temps record grâce à notre haute technique de marche nordique. Il n’empêche que nous rejoignions l’auberge trempés comme des truites, malgré les chaussures étanches et vêtements assortis.
Ça fait aussi partie des plaisirs de la marche en montagne.
Puis y a de la bière ! Pression.

Il fait beau ce dernier jour. Objectif la voie sacrée, chemin aménagé le long de tables naturelles chargées de gravure. Nous sommes sur l’autre versant du Mont Bégo, ceci explique cela… Le retour, bartassant le long d’une sente non tracée sur les cartes, fut un des moments des plus agréables du séjour. La traversée d’une véritable citée de marmottes, près du lieu-dit « la vacherie » y étant pour beaucoup.
Il appartient à D. de préciser les distance et dénivelé effectués, c’est l’apanage de l’organisateur. Disons lui merci ainsi qu’à A. sa co-organisatrice, tous deux très investis dans la vie du groupe.

A l’année prochaine ? Si oui, où ?

Y aura de la bière…

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dimanche 19 juin 2016

Boulbon

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Parce-que seul village traversé, Boulbon donne son nom à cette randonnée qui aurait tout autant pu se nommer « la Montagnette », voire Abbaye de Frigolet où nous garâmes les voitures.

Malgré un nom avantageux pour ce qui n’est même pas une petite montagne, juste quelques hauteurs calcaires de 168 m au plus haut, posées comme un cairn au beau milieu des 10 m de la plaine du Rhône ; ce qui je le concède, leur confère une réelle majesté rehaussée par la couronne formée des pointes effilées des clocher de l’abbaye ; la Montagnette mériterait le titre puisque l’essentiel de notre baguenaudage[1] se déroule sur ses coteaux ;

Nonobstant, ce n’est que de la garrigue ; exactement !
Même type de sol, même végétation que ceux des Alpilles que l’on reconnaît d’ailleurs tout proche. Malgré notre proximité géo-logique-graphique, nous sommes ici en Provence ; attendu que le Rhône a été franchi…

Très agréable rando ensoleillée rafraichie par un Mistral conséquent. Plus de femmes que d’hommes comme il advient de plus en plus souvent. Cette fois nous restâmes groupés, quoique le terrain sans difficulté remarquable ne se prêtât pas au lâchage dans les côtes.

On notera le retour parmi nous de E. qui pour la circonstance a tenté un nouveau concept : « la chaussure de rando sans semelle ».
Pas concluant !

De très belles vues vers les Alpilles mais aussi le Luberon, la vallée du Rhône, la garrigue nîmoise, les Cévennes, le Ventoux…

Pas loin, pas difficile, pas longue… A refaire quitte à varianter[2] la trace.



[1] Je sais ; le mot n’existe pas…

[2] Ce verbe non plus ! J

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mardi 14 juin 2016

Combe Cunier

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Le Mont Ventoux domine la Provence, nul ne l’ignore, de partout il est vu, du Languedoc rhodanien surtout. Ceux qui le connaissent le craignent et le respectent.
Ca n’empêche pas les bartassaîres de projeter d’user leurs semelles sur ses flancs, le sud en l’occurrence, quelque part au-dessus de Bédoin.

Ce fut une journée annoncée sous de mauvais auspices ; nous aurions dû nous méfier. Emporté par les flots du Loiret, le cornac attitré de ce jour ne pouvant assurer la menée, un ami de passage a bien voulu le remplacer au pied levé.

D’où il ressort qu’on peut manifestement s’égarer là où on ne peut se tromper. Nous sommes rentrés chez nous  et c’est là l’essentiel.
Néanmoins il faut à nouveau, encore et toujours, tirer la leçon des égarements dus à l’individualisme… Un groupe de marcheurs n’est pas un agrégat d’êtres mais un tout ; une entité qui ne doit pas s’étioler au risque d’éclater… c’est ce qui est arrivé.
Je demande à ceux qui en ont pâtit de bien vouloir m’en excuser.

Nonobstant le piètre final de ce dimanche, cette rando vaut d’être réalisée, ne serait-ce que par les passages dans les combes dont les photos exprimeront le caractère inhabituel bien mieux que je ne saurais le faire.

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dimanche 29 mai 2016

Colias

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C’est en AG que ce fut décidé !  Pour tenter de pallier la faible participation des adhérents aux rando traditionnelles, un essai se ferait un samedi.
Pour voir.
Une fête des mères planifiée nous ouvrit cette opportunité.
Une inopportune grève sauvage briguant la pénurie de carburant nous fit changer d’objectif ; moins loin, plus facile, plus court.

Que pensez-vous qu’il advint ?

Exactement !

He bien tant pis, nous continuerons comme avant sans vraiment s’interroger sur qui participera… Qu’elles soient, ou pas, loin, courtes, proches, longues, aisées ou difficiles, les randos resteront celles que les animateurs se plairont à proposer. Inutile de changer quand le changement ne change rien.

La rando était pourtant appétissante. Dans un secteur connu, toujours aussi beau surtout avec le splendide ciel présent, de l’eau dans le Gardon, une garrigue très verte, des fleurs partout… elle valait le déplacement.


Merci J C.

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lundi 2 mai 2016

Montselgues

 

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Bien que l’Ardèche soit un département limitrophe du nôtre, en  partageant le nord avec la Lozère, nos pérégrinations bartassaÏresques ne nous ont que très rarement conduites sur son territoire. Perso je n’ai en tête qu’une incursion en septembre 2014, sur le Serre de Barre aux alentours des Vans.
Il n’y a pas si longtemps mais c’est si rare qu’il nous fallait absolument y revenir.

Lors de notre sortie autour du Mont Lozère, au printemps 2015, face à la Garde-Guérin nous voyions de hauts plateaux arides  au-delà du canyon du Chassezac. C’est par là que nous avons cherché, aux confins de l’Ardèche, de la Lozère et du Gard.

Une balade virtuelle sur le Net a permis la découverte du gîte de La Fage (http://www.gite-lafage.com/) à Montsèlgues. Il sera notre point de chute pour deux nuits.
Idéal pour ce type de sortie. A recommander.

Vivaldi n’aurait pas mieux fait, les 4 saisons en 3 journées, la dernière sous la neige ; un 1er mai !
Un premier jour sage et ensoleillé, (17, 2 km, 290 m d’ascension cumulée) restant sur le plateau de Montselgues couvert de lieux appelés « cham » (cham de ci, cham de ça…) sans avoir pu deviner la signification de ce nom. Champ en patois local ?
Une deuxième sortie plus touristique et sportive (20,3 km, 653 m d’ascension cumulée) avec en acmé le site de Thines ; hameau perché au-dessus de la rivière éponyme, où nous prîmes un repas humide sur un magnifique balcon aménagé en zone de pique-nique. L’aller dans le bas de la vallée (superbe), le retour tout en haut (autre chose mais sans ennui), par le Serre de la Dame, via une ancienne voie romaine sous les vents et le grésil annonciateur de froidures.
Le dernier jour était prévue une virée au fond des gorges de La Borne. La neige et surtout un fort vent glacial, l’absence de vues lointaines aussi, ôtant beaucoup de l’intérêt espéré, nous ont raisonnablement conduits à une simple balade ventée-neigeuse autour du La Fage (5,630 km et 87 m d’ascension cumulée).
Un bol d’air afin de ne pas regretter plus tard d’être resté au chaud au gîte.

Ces courts séjours sont importants pour le groupe, c’est là que se forgent la cohésion et le goût de l’entraide au rythme du moins fort de l’instant.

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dimanche 24 avril 2016

Lacan

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Bien que la rando se nommât  « Château de Tornac », le nom fourni par le topo est : « Lacan et château de Tornac » ; quoiqu’à Tornac on n’y passe jamais et qu’il faille faire un détour pour visiter son château sis à pas loin de 1 km du village, lequel se devine au loin derrière les arbres de la colline.
Lacan ! Pas Jacques, mais le puech à l’acmé du parcours, là où nous mangeâmes à la cale, nos regards tournés vers le sud, correspond mieux à la réalité du terrain.
C’est pourquoi ce nom est préféré.

Comme souvent dans le topo-guide 30, les distances comme les dénivelés sont très approximatifs. Donnée pour  10 km nous n’en fîmes que 9 en tirant bien un peu sur le décamètre ; quant au dénivelé…

Mais tout cela est de l’ergotage coutumier du bartassaïre reboussier qu'est le rédacteur. Il n’est pas racanel pour rien.
En effet, quel que soit le nom que l’on lui donne, ce qu’on aime dans le mot « randonnée » c’est « randonner ».
C’est donc que nous ne fûmes pas déçus.

Quoique courte, cette balade présentait tout ce qu’on espère ; des ruisseaux gouleyants gargouillant le long de sentiers herbeux, une très jolie montée garriguesque réclamant l’usage des mains, des vues lointaines sur 360°…

Un package complet, du concentré de rando en quelques heures.

Grands mercis au cornac pour ce dimanche de détente.

Rendez-vous la semaine prochaine à notre retour d’Ardèche.

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lundi 18 avril 2016

Belvédère de Blandas

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Sont des lieux dont le seul nom évoque les extravagances de la nature, sa propension à faire comme elle l’entend, s’écartant au mieux de ce que produirait l’esprit humain ; des courbes parfaites ou lignes tendues.
Des compositions !
Le chaos apparent aux désordres embrouillés, éparpillements dérangés et incohérences troubles offre pourtant, souvent, une harmonie paisible de majesté toute en  puissance, de sérénité tourmentée dont l’homme ne peut se lasser, ne peut se passer…
Le cirque de Navacelle est de ceux-là.

Vous aurez compris quel était le but de cette sortie dominicale printanière.
Certes, nous l’avions « déjà fait » ; avec ou sans bartassaïres, à pied ou en voiture. Il s’agissait cette fois de découvrir une nouvelle boucle au départ du Causse de Blandas, le plus au sud et le moins élevé d’eux.

Quoique non prévue par M. Météo, la pluie nous a accompagnés de Générac, notre village, jusqu’aux heures de la pause repas… Oh, pas une pluie torrentielle à fuir, mais de fines gouttelettes parfois grossissant, nous contraignant à la capuche et au préservatif à sac. Pas de quoi dissuader un bartassaïre motivé dont l’envie, le besoin, l’exigence vitale de marcher dehors balaie toute réticence.

Blandas est aussi le nom d’un (petit) village ! Qui du causse ou de lui a donné le nom à l’autre ? Qu’importe, c’est de lui que nous partons, brodequins chaussés et cape au vent (y a pas de vent mais je trouve ça lyrique), direction le nord-ouest afin de s’éloigner des gorges de la Vis en cheminant sur le plateau.
Bien moins aride que le Larzac, moins alpestre que l’Aubrac, c’est en cette saison un patchwork de verts, du plus tendre au plus sombre, de vastes cédraies ayant été plantées par de lointains aïeuls.
Au nord, le Lingas barre l’horizon. La Serranne fait de même au sud-est. Alors nous regardons notre environnement immédiat souvent fait de forêts de cèdres debout tels des soldats alignés pour la parade ; jusqu’à ce que nous débouchions sur les gorges, en corniche.

Les photos donnent une image assez fade de la majesté des lieux, il manque la profondeur, la sensation d’un espace vaste et contraint à la fois. Le mieux est que vous alliez voir par vous-même…
La descente en flanc de gorge (- 300 m) est un ravissement, les iris sauvages bordent la sente, quelques jonquilles naines s’amusent à leur voler la vedette. Ce sont néanmoins les vues lointaines qui attirent le plus souvent le regard.
En bas, là où la vis ressurgit après son long cheminement souterrain, le moulin de la Foux nous attend pour la pause repas pris sous le grondement des cascades commandant le silence aux plus causants de nous.
Ce site est archi connu mais jamais on ne s’en lasse.

Il nous faut remonter, toujours les vues sur les gorges, puis Navacelle en son cirque engoncé, jusqu’à rejoindre le belvédère récemment aménagé avec autant de respect des lieux que ce peut.
Merci les bartassaïres. 

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dimanche 10 avril 2016

Cascades de Gorniès

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Ferrières les Verreries est un bien grand nom pour un si petit village, charmant au demeurant, qui dépasse de peu les 60 habitants. 

J’aurais pu écrire 60 âmes, c’eut été plus lyrique, mais je connais l’âge moyen de ceux qui me lisent, et sais que leurs yeux tendent à le devenir aussi, j’ai donc craint que vous ne déchiffriez âne.

Convenez que c’eut été inconvenant !

C’est néanmoins sur son territoire que ce situe l’acmé de notre rando du jour et lui donne son nom. C’aurait d’ailleurs plutôt dû se nommer cascades « du » Gorniès, le Gorniès étant le ruisseau qui les forme. Mais n’ergotons pas, ce n’est pas le genre.

Modestement présentée par son concepteur comme « sans prétentions », les 3 participants ont pourtant jugé cette sortie très agréable. Elle vaut mieux que les 2 seuls cœurs attribués, un troisième n’aurait pas été immérité, pour preuve le grand nombre de groupe plus ou moins touffus que nous croisâmes, parfois 2 fois parce qu’on s’est un peu gouré… JE me suis gouré ; j’avais prévenu.

Agréable pourquoi ?
Parce que ! C’est de la garrigue certes, mais aussi des pinèdes, des fonds de vallons verdoyants, des eaux glougloutant sous les pierres ou glissant sous les herbes et les bartas, de larges dalles  pavant les berges, des lapiazs chaotiques, des ruines préhistoriques, d’autres plus récentes vestiges du labeur humain…
Le tout sans difficulté notable, le seul passage un peu délicat proposant au contraire un exercice d’escalade sans danger.
Une bien belle journée telles celles qu’on aime partager.

Découvrez notre trajet grâce à Daniel en cliquant (ou recopiant) sur le lien ci-dessous.

https://flow.polar.com/training/relive/511753655?fb_action_ids=1236208006430817&fb_action_types=polar-flow%3Arecord

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