Bartassages des bartassaïres

lundi 20 février 2017

Le Lamalou

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Bien modeste rivière que le Lamalou ; elle n’atteint même pas les 16 km et ce satisfait d’un débit moyen de 2 m3/s… Pas de quoi noyer un canard.
Pourtant, sans métaphore aucune, elle a su creuser son trou !
Fouillant, cavant, forant le calcaire tendre de la colline garriguesque, elle l’a déchirée comme de la vulgaire pâte à papier, créant dans un désordre superbe comme seule la nature sait en présenter, de grandes falaises chaotiques au flan desquelles nous nous glisserons de nos pas vieillissants.

Si cette partie de la rando ne représente que le tiers environ de la trace, elle en fut l’apogée… Bien qu’en creux.

Une journée comme celle-ci nous fait pardonner celles où, déjà deux fois cette année, il nous fallut annuler nos randos pour cause de temps inclément.
S’il fait frais dans le brouillard matinal de la vallée de l’Hérault, c’est très vite oublié dans la montée vers les sommets. C’est qu’il ne s’agit pas de découvrir directement la majesté du chambardement, il faut s’en approcher peu à peu, découvrir les prémices printaniers du fond des combes, là un bourgeon, ici les pointes hésitantes des futurs asphodèles qui pourraient passer pour des iris en devenir, ailleurs une fleur de ciste isolée… L’hiver serait-il terminé ?

Quelques minutes après que midi ait sonné aux églises trop éloignées pour être entendues ; nous nous installons sur un beau lapiaz formant balcon sur la berge du ravin[1]. Une pause-repas bienvenue avant de se lancer vers le bas ; les passages les plus délicats nous attendent.
Puis ce ne sont que pierres glissantes cachées sous les feuilles mortes de chênes blancs, hautes marches à descendre ou monter, c’est selon, sans cohérence ; buis bienvenus pour y accrocher nos mimines écorchées aux ronces naissantes, jusqu’à atteindre la rivière glougloutant les dernières pluies.
Nous sommes un peu en aval des arcs fameux qui donnent leur nom à ce lieu ; nous ne les verrons pas, ce n’est pas le but de la journée, puis il y a sans doute encore plus de monde que sur notre chemin. Difficile de faire 100 m sans croiser quelqu’un ; deux d’entre nous ont même reconnu les anciens maîtres d’école de leurs fils…. L’occasion d’une causette, d’un voyage quelques années plus jeunes…

Hésitant mais volontaire, le chemin quitte peu à peu le lit du Lamalou pour rejoindre le haut des collines. Les vues sont remarquables ! Pour les avoir arpentées en tous sens, on connait très bien l’essentiel de ces hautes collines bordant l’Hérault, nous les découvrons sous un autre point de vue, images du monde telles que devaient les voir nos ancêtres habitant les grottes des falaises qui nous guident.

Nous terminons en empruntant une route improbable puisqu’elle ne conduit à rien… Plus de sous ? Projet avorté ? Chantier inutile pour donner du travail ? Qui sait cette histoire ?

C’est une route qui démarre au bord de l’Hérault, sur l’actuelle D1, remonte sur les flancs de la combe Pluvieuse  pour aboutir nulle part contre une falaise. Quiconque sait nous narrer cette vaine entreprise gagne notre estime la plus sincère.



[1] Non ; je n’ai pas honte !

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lundi 30 janvier 2017

Tharaux

 

Tharaux

 

Savez-vous ce qu’est un Tharausien ou une Tharausienne ?

Moi non plus ! Jusqu'à pas plus tard qu’il y a 3 minutes j’ignorais que ce nom, car il s’agit de cela, existât. Notez la rareté du produit puisqu’ils ne sont qu’une petite soixantaine, les deux sexes rassemblés. Si diaspora il y a, elle ne doit pas remplir les stades.
Vous pensez qu’il est facile pour moi d’étaler ici ma très fraîche science ? Vous avez sans doute raison encore que, mesdames et messieurs, vous eussiez pu aller vous-même chercher ce renseignement de la plus haute importance ; merci wikisétou.

C’est sur les conseils de Michel que quelques bartassaïres se sont retrouvés de bonne heure sur le parking du cimetière de Thaurax ce dimanche…
Ah quel plaisir de reprendre enfin le cycle des randonnées interrompu par les fêtes, les attentes et le mauvais temps.
Thaurax est dans le Gard, dans la garrigue karstique que nous connaissons tous par cœur. Au pied de Méjannes le Clap, au bord de la rivière Cèze, grosse aujourd’hui des eaux des fontes neigeuses cévenoles dont les blancheurs immaculées barrent notre horizon, au nord. A gauche l’Aigoual, à droite le Lozère closent le panorama. Dommage que nous n’ayons pu en profiter davantage car les chemins se faufilaient presqu’en permanence sous les frondaisons des yeuses et autres arbousiers, limitant les vues lointaines. Un passage dans les buis veloutés de mousses ballantes à largement corrigé ce manque, ce ne sont que des mousses, rien que des mousses, mais quelles mousses…
Nous marchions ; là est l’essentiel ! Nous marchions de concert, heureux d’être ensemble le temps de la balade. Rien n’est meilleur pour chasser la mélancolie et le cholestérol.

Mille mercis Michel d’avoir ranimé la flamme.

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dimanche 18 décembre 2016

Le gouffre des espélugues

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La rando planifiée ce jour devait nous voir baguenauder sur  les sentiers du « mas de l’ancienne église ».
Or, la chose devint cocasse lorsque Dany découvrit que sous ce nom se cachait celle de la « Baume des Seynes » réalisée pas plus tard que dimanche dernier.

On vit des moments formidables…

Notre cornac fut donc conduit à modifier ses plans et trouver en toute hâte une sortie de fin d’année pas trop loin, pas trop longue, pas trop ardue…, pas trop tout quoi.

Il a parfaitement réussi dans cette entreprise, découvrant sur le site : « rando GPS », une boucle reliant les villages de La Calmette et Dions, via le gouffre des espélugues, immense aven très méga profond qu’on n’imagine pas là tant qu’on ne le voit pas.

Très agréable balade sinuant d’abord dans la gardonenque jusque sur le plateau de Saint Nicolas creusé par le Gardon. Nous ne sommes qu’à quelques encablures des gorges d’icelui.
Balade à peine perturbée par un puissant taureau paissant au milieu de notre chemin ! Nous fîmes un demi-tour prudent car les bêtes d’ici ne sont pas des vaches laitières, l’expérience nous montre qu’elles sont plus balaises que nous.

Voici donc terminé le cycle 2016. Le calendrier de début 2017 est bâti, il vous sera diffusé en temps utile, sachez néanmoins que la première rando est prévue le 22 janvier. Plus tôt n’est pas raisonnable, personne n’est présent.

Rendez vous en 2017 sur ce même blog.

Les BARTASSAIRES vous espèrent heureux pour cette période de fêtes que l’on voudrait joyeuses !

noel 2016

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dimanche 11 décembre 2016

Belvézet

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A-t-on vraiment conscience de la bonne fortune qui a nous a conduit à vivre dans cette région, par naissance ou bien par choix ?

Faute d’avoir connu d’autres cieux moins cléments, sans doute pas tous. Bénissons le ciel, nos parents ou la chance…

On geint souvent parce que le climat a empêché notre sortie dominicale ; néanmoins une journée comme aujourd’hui compense  toutes les précédentes gâchées. Ainsi vont les choses, un coup en haut, l’autre plus bas.

Nous étions à Belvézet ; vous connaissiez ?  Non ? Moi non plus !
Nous sommes dans le duché d’Uzès en direction de Méjannes le Clap. C’est de la garrigue, certes, mais de la garrigue aristocratique, noblesse oblige, une zone que nous n’avons guère pratiquée, c’est bien dommage car elle est très agréable, variée (c’est de la garrigue habitée), cultivée de vignes, de vergers, d’olivettes et blés, autour de nombreux villages et hameaux parfaitement réhabilités avec beaucoup de goût par les riches vacanciers attirés par l’Uzège.

Pas d’erreur de trajectoire, pas d’anecdote à médire, rien que du bonheur…

Merci M.

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dimanche 4 décembre 2016

Comps

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Les sorties se suivent et ne se ressemblent pas !

Quoique on puisse discerner une similitude entre celle-ci et la précédente car ni l’une et ni l’autre n’ont respecté le projet initial.

La faute néanmoins, n’incombe pas cette fois au cornac mais aux chasseurs qui organisèrent une battue sur un territoire couvrant la plus belle zone à parcourir, écimant littéralement la rando en supprimant le panorama de « l’Aiguille », déjà connu de beaucoup certes, mais valant toujours le coup d’œil. Le Ventoux en fond de tableau, le confluent Rhône – Gardon au premier plan, Avignon, la Montagnette, les Alpilles… Une très belle vue, d’autant qu’il faisait presque beau.

Nous suivions un GR, un accord a pourtant été parachevé avec leur fédé…

Une anecdote qui aurait pu être un accident, alors qu’à quelques-uns nous cherchions sur la carte un parcours de subti susbti , une variante ; les bartas les plus proches se mirent à frissonner dans un froissement de branches… Quelques secondes seulement pour voir une énorme bestiasse foncer sur nous au sortir du fourré, changeant de direction à 90 degrés en nous découvrant… retournant illico dans la profonde garrigue.

Sans déc, il courrait à 40 ou 50 km/h ; n’imaginons même pas ce qui se serait produit s’il avait pris l’option tout droit.

Il aurait fait un Strike, sûr, mais dans quel état serions-nous parvenus à l’hôpital ?

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lundi 28 novembre 2016

Le Monthaut

 

Monthaut copie

 

Méat Mea culpa, mea maxima culpa ; je reconnais ma faute, nonobstant il m’en reste sans doute quelques autres à commettre avant de disparaître…

Seul responsable si le chemin tracé ne fut pas respecté, le cornac doit assumer. J’assume !

Pourtant, par quelque alchimie maligne, de ce qui devait être une catastrophe naquit un superbe succès ! Non ? Une réussite alors…

Pas une défaite  en tout cas… Car, comme du chaos survint l’univers, de l’huitre gibbeuse surgit la perle, ce qui semblait gâché fut transformé par le caractère enjoué des bartassaïres…

Bartassaïres ils le furent bien plus que de coutumes…

Tout avait commencé sous les meilleurs auspices.
Contraint par le climat de repousser cette sortie, il voulut bien être des nôtres ce dimanche. Ciel d’azur, participation notable (presque 10), tout était en place pour une belle journée.

Départ près de la source de la Buèges, zone connue ; nous sommes déjà venu user nos semelles en ces lieux.

La première partie est un enchantement ; le sentier (nous n’aurons à suivre que des sentiers, pas de route ni même de piste, voire pas de sentier…) grimpe en sinuant autour des cades, yeuses, arbousiers ou autres genêts. Le village de Pégairolles de Buèges, perché sur sa colline au cœur de la vallée, nous sert d’amer sur la droite. Aucun souci jusqu’à parvenir au Roc des Aucelous ou nous faisons la pause déjeuner.

Les sacs à peine posés, premier écueil ; un bidon thermo profite de quelques doigts hésitants pour fuir se faufiler au creux d’une crevasse séparant un futur écroulement de falaise  du reste de ses copines.
Les tentatives épiques de récupération se solderont par un échec, le bidon s’engageant encore plus profondément dans la fissure, et la perte d’un bâton de marche.

Mais la joie demeure, c’est reparti pour affronter « les crêtes du Monthaut ».

Sauf que les crêtes on les a ratées, la faute à un marquage avenant que j’ai cru bon de suivre…
Il ne conduisait nulle part ; sinon dans des bartas que nous nous sommes évertués à franchir pendant 1.30 heures, espérant toujours rejoindre le beau chemin si évident sur la carte.
Demi-tour !
0.30 heure pour retrouver le carrefour malfaisant, soit 2.00 heures consommées dans les buis endurcis, les ronces épineuses à souhait, les traitres pruneliers aux éperons renforcés dans le seul but de nous arracher un peu de toile, ou pire…
Personne en short malgré le beau temps, c’est heureux.

Là, LA question métaphysique est posée :
- On rentre par le chemin d’aller ou bien on se mange les crêtes ?

Très démocratiquement les crêtes ont gagné.

Tu as bien fait de t’abstenir Babeth, ta sujétion à l’acrophobie t’aurait terrassé net, il eut alors fallu te récupérer quelques 10aines de mètres au-dessous, tes restes laminés par les dards de ces monstres végétaux assoiffés de sang humain.

Jusqu’ici tout va bien.

L’extrémité sud-est du Mont haut est une falaise. Le rocher du pioch haut.

C’est haut les falaises… Personne n’a flanché lors de la descente en escalier dont chaque marche frôle le mètre…
Mais le temps a passé alors qu’approche le solstice d’hiver…
Traduction : la nuit va tomber ! On se dépêche…

Passée la falaise, il était prévu de ne pas suivre la trace initiale mais de couper par un beau chemin descendant tranquillement à flanc de côte.

Un beau chemin sur la carte, certes ; mais une affreuse sente, à peine une empreinte sur le terrain réel.
Et ça glisse,
Et y a des racines,
Et y a des énormes rochers glissants à franchir,
Et le crépuscule bouscule la lumière du jour,
Et ça n’en finit pas tant nous nous déplaçons à petits pas tâtonnants…

Personnellement je me morigénais sans cesses pour avoir conduit mes amis sous de telles frondaisons  profondes et casse-gueule. Voyant mes camarades, celles dont les jambes sont moins longues, s’épuiser, chuter, se relever, re-glisser… Je me suis maudit intérieurement. Il s’en fallut de peu pour le dire tout haut.

Vous savez quoi ? Mes camarades, qu’ils aient les jambes longues ou courtes, riaient, plaisantaient s’entre-aidaient… On n’y voyait goutte mais je ressentais leur plaisir d’être ensemble.

Pas en seul reproche, au contraire, des remerciements pour cette rando plutôt hors du commun.

C’est vers vous que vont les miens.

Très sincèrement vôtre.

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dimanche 13 novembre 2016

Saint Jean de Valériscle

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Aléas de la programmation de nos sorties, il y a un an et un jour nous marchions sur la commune voisine, celle de Saint Florent sur Auzonnet.

C’était au lendemain d’un jour de grande tristesse que tous voudraient effacer sans aucune chance de succès.
Nous n’avons pas oublié.

Nous n’oublierons pas !
Pour que jamais « ils » ne gagnent (j’aimerais qu’il existât un pronom neutre, ils n’en méritent pas un personnel) nous devons continuer à vivre, leur existence n’étant comparable qu’à celle de vermines parasitaires qu’il faut traiter. Exterminer.

Vivre pour un randonneur, c’est le plus souvent marcher …
Ce dimanche, c’est donc dans le piémont cévenol que JCB nous a trouvé un circuit aux petits oignons ; ce qui tombe à pic car au XIXème siècle le village portait aussi le nom de Saint Jean des Cèbes…
Pourquoi Valériscle ?
Une iscle en Provençal, c’est une île !
Cherchons le rapport, celle ou celui qui trouvera le premier gagnera ma meilleure estime.

C’est un très joli village, bien plus ancien que son voisin Saint Florent. Les maisons amalgamées les unes aux autres forment un rempart protecteur entourant le quartier moyenâgeux intelligemment nommé « du Barry ».
Nous pourrions en faire notre village mascotte car l’un des bâtiments les plus prestigieux (hors les murs bien sûr) est la filature « du Brahic »…
Pas de commentaire superflu, les initiés comprennent.

Un circuit alternant routes et chemins sur les monts bordant les rives de l’Auzonnet, un parcours « moyen » non pas par le plaisir mais par ses difficultés, ni trop court ni trop long au dénivelé raisonnable que chaque GPS affiche à sa façon. Celui du club indiquait 15,270 km pour 485 m de dénivelé cumulé.
Merci J-Claude. 

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dimanche 16 octobre 2016

Souvignargues

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Pic Saint loup et Hortus.

Beaucoup, sans doute, se souviennent encore qu’en janvier 2014 (ce n’est pas si lointain) Dany nous conduisait sur les collines avoisinant Calvisson.
A l’occasion de la « fête de la randonnée » organisée par le comité départemental du Gard, nous y sommes retournés, beaucoup ont reconnu des sentiers,

Partis pour se partager entre les itinéraires 10 et 20 kilos, c’est le groupe en son entier qui absorba les 20, tant chacun tenait la forme.

Partis de Souvignargues, nous avons traversé Aujargues, frôlé Calvisson, percuté Saint Etienne d’Escatte puis retour.

Rien de trop difficile, c’est un bien joli secteur ; de la garrigue certes, de la garrigue toujours, avec néanmoins de belles vues lointaines, largement ouvertes au sud, par bonheur concomitantes avec la halte repas, nous offrant tout loisir de les détailler ; de la Camargue à gauche jusqu’au massif de la Gardiole à droite.

Le sort de ce genre de randos ouvertes à un public le plus large possible, est contrarié par l’obligation de ne choisir que des itinéraires sans aucune difficulté réelle, ni par le terrain, ni par l’orientation, ce qui leur confère une inévitable monotonie. Ce pourrait être dommage, cependant il appartient à notre comité de proposer ces sorties découvertes aux « non randonneurs », randonneurs confirmés potentiels.
Grâce lui soit donc rendu.

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